En cette journée de repêchage d’entrée de la LHJMQ, Jean-François Grégoire et le recruteur-chef Pierre Desjardins ont sélectionné pas moins de 18 joueurs.
Le lot se compose de 9 attaquants, 6 défenseurs et 3 gardiens de but. Sans passer en détail sur chacune des sélections, on peut tirer quelques conclusions.
D’abord, les choix sont bien répartis sur toutes les positions. Dans le junior, on a toujours des besoins partout. De plus, il semble que l’organisation voulait vraiment se renforcer au niveau physique. 11 des 18 joueurs sélectionnés ont déjà atteint les 6 pieds. 5 autres mesurent 5’11 » et le plus petit est listé à 5’9″. Finalement, sur la balance, la moitié la font déjà osciller au-delà des 170 livres.
Après avoir fait une première sélection, celle d’Olivier Lampron au 9e rang, le Drakkar a confirmé une rumeur qui circulait depuis quelques jours. Vincent Collard quitte Baie-Comeau pour Moncton, en retour des choix #18 et 52. Avec ce choix de fin de 1e ronde, on tente un premier pari.
Les anglophones hors-Québec
Jabez Seymour est un gros attaquant de puissance originaire de Terre-Neuve. Il a passé la dernière saison au South Kent Academy, dans l’État du Connecticut. La Centrale de Soutien au Recrutement de la LHJMQ l’avait classé au 31e rang et il semble qu’il soit sorti un peu plus tôt qu’anticipé.
Quelques rondes plus tard, le Drakkar a également tenté sa chance en sélectionnant l’un de ses coéquipiers: le défenseur Drew Allison. La CSR l’avait placé au 27e rang. Dans son cas, sa chute est certainement attribuable au fait qu’il est déjà repêché dans la USHL (ce que Seymour n’est pas) et qu’il considère certainement la possibilité de continuer à jouer au sud de la frontière.
Lorsqu’un joueur lorgne les États-Unis, il n’est pas évident de le faire changer d’avis. Encore moins lorsqu’il s’agit d’un anglophone et que l’équipe en question est le Drakkar de Baie-Comeau. Historiquement, ce n’est pas un marché qui a eu beaucoup de succès à convaincre ces joueurs d’enfiler son uniforme.
Quoi qu’il en soit, lorsqu’on écoute la courte entrevue de Seymour en vue du repêchage, il mentionne être originaire de la même communauté que Dawson Mercer. Ils ont fréquenté la même école et il disait le connaître personnellement. En plus d’avoir joué dans la LHJMQ, Mercer a notamment porté l’uniforme des Saguenéens de Chicoutimi. Pour un jeune homme originaire de Terre-Neuve, Chicoutimi ou Baie-Comeau, c’est du pareil au même.
Ainsi, les chances de voir Seymour se présenter à Baie-Comeau semblent à tout le moins réelles. Pour ce qui est d’Allison, on verra. Toutefois, si l’un de ses coéquipiers choisit Baie-Comeau, ça pourrait peut-être être un élément de plus pour le convaincre.
Donner pour avancer
Au second tour, Jean-François Grégoire a décidé d’améliorer sa position. Il a conclu une transaction avec les Remparts de Québec pour mettre la main sur le choix #35. Au final, le Drakkar a cédé le 53e choix (3e ronde), un choix de 3e ronde en 2024 et un choix de 2e ronde en 2025 pour l’obtenir. Il a ensuite jeté son dévolu sur le gardien Lucas Beckman.
Cette sélection n’est pas sans rappeler celle d’Olivier Ciarlo en 2020. L’actuel portier du Drakkar avait été choisi au 32e rang et comme Beckman, provenait du Rousseau-Royal de Laval-Montréal.
Je ne m’en cache pas, je suis ravi de cette sélection. Je souhaitais que le Drakkar utilise l’un de ses premiers choix afin de mettre la main sur un jeune gardien, dans le but de préparer l’avenir, alors que Ciarlo jouera déjà sur ses 19 ans. Au final, c’est ce qui s’est produit. On raconte qu’il y avait quelques bons gardiens disponibles au repêchage et Beckman a été le 2e sélectionné. Cependant, plusieurs ont mentionné que c’est cher payé et je ne suis pas en désaccord.
Force est d’admettre que Beckman devra livrer la marchandise dans quelques années, puisque l’État-major nord-côtier a sacrifié trois bons choix pour s’avancer et le sélectionner. Dans la LHJMQ, les chances que des choix de 2e et 3e tour deviennent des joueurs réguliers sont plutôt élevées. Ainsi, le Drakkar vient possiblement d’en donner trois pour acquérir ses droits.
Un coup de circuit?
Dans le camp baie-comois, les choses les plus intéressantes qui se sont produites aujourd’hui n’ont même pas été des sélections, mais plutôt deux transactions qui semblent bien mineures en apparence.
D’abord, le Drakkar a mis la main sur les droits de Raoul Boilard, un attaquant de 17 ans qui évolue dans la BCHL, chemin souvent tout indiqué vers les universités américaines.
Pour la petite histoire, il était un espoir de premier plan l’an dernier, classé 12e par le CSR. Finalement, en raison de ses appréhensions américaines, il avait glissé jusqu’au 4e tour, finalement choisi 68e par les Olympiques de Gatineau.
Or, on racontait à pareille date l’an dernier qu’il y avait des discussions très positives entre le clan Boilard et le Drakkar; que l’État-major baie-comois avait travaillé d’arrache-pied pour convaincre la famille de lui faire confiance. Il semblait y avoir un véritable intérêt de la famille envers l’organisation. Lorsque les Olympiques ont sélectionné le jeune Raoul, ça s’est terminé.
Bref, lorsque le Drakkar a troqué son choix de 4e tour aux Olympiques pour ses droits, je me suis dit qu’on lançait la ligne à l’eau, dans l’optique où le jeune serait tenté de revenir au Québec pour une raison ou pour une autre. Le tout a pris une autre tournure lorsqu’on a également acquis les droits de son grand frère, Jules, qui appartenaient à l’Océanic de Rimouski. Il faut savoir que Jules et Raoul évoluent tous les deux pour la même équipe en BCHL.
Conclure deux transactions pour les droits des deux frères la même journée, ça ne peut pas être un hasard. D’autant plus qu’on raconte que les principaux intéressés étaient sur place, près des baie-comois par-dessus le marché.
Si Jules et Raoul Boilard signent avec le Drakkar, l’organisation aura réussi un sacré tour de force, qui pourrait bien être un véritable vol.
Une chose est certaine, on ne peut pas reprocher au Drakkar de manquer d’ambition.
